Le 8 décembre 2025

Délivrance à l’unité : la Cour des comptes publie son rapport et appelle à une approche sélective 

Interrogée par des citoyens sur la dispensation à l’unité (DAU) des médicaments, la Cour des comptes a publié le 7 novembre 2025 un rapport intitulé « La délivrance à l’unité des médicaments : une pratique à développer de manière sélective ». Ce document propose une analyse complète des pratiques actuelles en France et à l’étranger, des impacts potentiels, ainsi que des limites liées à une généralisation de cette méthode. 

Un modèle français basé historiquement sur la boîte 

Le modèle français privilégie la délivrance à la boîte entière, contrairement à certains pays étrangers où la délivrance à l’unité est courante. Les défenseurs de la DAU mettent en avant ses bénéfices pour limiter le gaspillage de médicaments inutilisés, réduire les risques liés au mésusage ou à l’automédication, produire un impact environnemental positif et combattre les pénuries. 

Une pratique déjà existante, mais marginale en ville 

La DAU est largement répandue dans les établissements de santé, où les situations imposent une adaptation précise des doses administrées. En ville, ce mode de délivrance est obligatoire pour certains médicaments, notamment les stupéfiants, et, depuis 2024, pour ceux soumis à tensions d’approvisionnement  comme le fut l’antipsychotique quétiapine au printemps 2025.

La Cour souligne aussi l’autorisation depuis 2022 de la délivrance à l’unité pour certains antibiotiques, dans une logique de lutte contre le gaspillage et la résistance bactérienne. Malgré cela, cette pratique reste marginale en ville, représentant seulement 0,08% des dépenses pharmaceutiques en 2024. 

Une généralisation difficilement envisageable 

La Cour des comptes rappelle les avantages indéniables de la DAU : prescription mieux adaptée, diminution du gaspillage, meilleure gestion environnementale. Néanmoins, elle émet des réserves fortes avant d’envisager une généralisation. Celle-ci impliquerait des changements importants à plusieurs niveaux : organisationnel, financier et humain.

En particulier, le passage d’un système centré sur la boîte à un système à l’unité exigerait une refonte profonde dans la chaîne de production pharmaceutique ainsi que dans la pratique officinale. La Cour estime que cela entraînerait une augmentation significative des besoins humains (+5 à +10%), un défi majeur pour un secteur en tension constante sur le recrutement. 

Recommandations pour un encadrement optimal 

Le rapport propose plusieurs pistes pour développer la DAU avec prudence et méthode. Parmi elles : 

  • Encadrer juridiquement et financièrement la préparation des doses à administrer (PDA) réalisée en officine. 
  • Expérimenter en 2026 un système de mutualisation ou de sous-traitance de la PDA, susceptible d’améliorer le suivi des patients sous traitements chroniques. 
  • Imposer la déclaration de l’activité de PDA automatisée aux Agences Régionales de Santé (ARS). 
  • Établir, avant la fin 2027, une rémunération des officines basée sur l’acte de dispensation au patient, indépendamment du nombre de boîtes délivrées. 
  • Instaurer une tarification complémentaire au médicament à l’unité, indépendante de la tarification à la boîte. 

Priorité au bénéfice thérapeutique et à la relation patient-officine 

Si la Cour des comptes refuse la généralisation universelle de la DAU, elle exprime son soutien à un déploiement sélectif lorsqu’un réel bénéfice thérapeutique est attendu. Par exemple, la PDA pour les patients présentant plusieurs pathologies, qui pourrait favoriser l’observance et réduire le gaspillage, représente un terrain d’innovation intéressant. La Cour insiste sur la nécessité de maintenir une relation de proximité entre patients et officines, même dans le cadre de ces évolutions, afin de garantir la qualité et la confiance. 

Enfin, le rapport plaide pour intégrer la question des conditionnements dans les négociations tarifaires des produits, et pour une analyse fine des écarts entre quantités prescrites et quantités délivrées, notamment grâce aux avancées de l’ordonnance électronique. 

 

Ce rapport de la Cour des comptes apparaît comme un document de référence sur le sujet complexe de la délivrance à l’unité, invitant à un développement réfléchi et encadré, en tenant compte des réalités économiques, organisationnelles et humaines du secteur pharmaceutique français. 

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Sources :  

  1. https://www.ordre.pharmacien.fr/les-communications/focus-sur/les-actualites/delivrance-a-l-unite-la-cour-des-comptes-publie-son-rapport
  2. Cour des comptes, novembre 2025

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